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J'ai l'espoir d'arriver enfin à faire un régime pas trop triste.

Voici l'idée. Au lieu de supprimer les frites, je vais en réduire sérieusement la quantité en trouvant un moyen de faire oublier l'idée même de restriction : autrement dit, en les présentant d'une façon festive, attrayante et gratifiante.

J'ai des brochettes en bois.
Trop longues pour entrer dans la friteuse, mais j'ai enfin trouvé l'ustensile adéquat pour les raccourcir sans les effilocher : des ciseaux à volaille Fiskars que j'avais achetés un jour sur un coup de folie et qui m'étaient restés jusqu'à présent sans utilité (pour la volaille, après avoir mis plus de dix minutes à estropier une aile de poulet, j'avais renoncé).

Les lames sont malheureusement inefficaces :



Mais la grande encoche permet une coupe bien nette :



J'enfile sur la brochette une patate coupée en rondelles :



Sur ma lancée, oubliant que je suis rigoureusement seule à tester et que je viens juste de commencer mon nouveau régime, j'en enfile plusieurs :



Mon Dieu, est-ce encore aujourd'hui que je vais maigrir ?



Je veille bien à l'écartement des rondelles, car je redoute un manque de croustillant ou une cuisson inégale :



Plouf !



La prochaine fois j'enlèverai le panier, ce sera aussi simple :



Fin du premier bain. Ma foi, ça se passe bien :



Quelques minutes plus tard, second bain bien chaud, puis on retire nos brochettes :



Miam, miam !...



J'ai l'intuition que les rondelles les plus fines seront les meilleures (en fait, pas forcément, dirais-je a posteriori) :



J'en ai coupé quelques-unes en biais (par maladresse, confessons-le), ce devrait être pas mal non plus — effectivement, ça l'est, mais pas vraiment plus que le reste :




Allez : la petite photo qui me fait languir un peu... et tellement apprécier ensuite la première bouchée !




Récapitulons l'avantage de ces brochettes de frites pour un régime : imaginez ces trois brochettes en accompagnement d'un poisson ou d'un steak. En les complétant — idéalement, aux yeux du diététicien — de quelques haricots verts ou d'une salade.

Vous sentiriez-vous lésé devant cette assiette ?



Or ces trois brochettes pèsent moins de 180 g au total, soit, approximativement, un bon tiers de moins qu'une portion de frites au restaurant du coin.

J'ai préparé des frites normales en même temps que les brochettes, pour comparer l'agrément de la dégustation :



Les brochettes ont ce petit "je ne sais quoi" qui m'enchantera toujours à la vue de n'importe quel alignement de n'importe quoi :



Je les ai goûtées et trouvées très bonnes.

Maintenant il me faut résoudre deux problèmes : 1) améliorer encore le croustillant, et 2) trouver le moyen de diviser par deux la quantité de pomme de terre tout en augmentant encore, si possible, le nombre des brochettes pour maximiser l'effet visuel.

Je vais "raboter" les patates pour faire des carrés : ça fera des angles, donc plus de croustillant, et la chute (à condition que je ne la mange pas) fera autant de calories de moins.

(NB. Les ayant goûtées, je me demande si ces chutes ne sont pas encore meilleures que des frites normales. Arrrgh, décidément, tout est contre moi !...)



Cette fois, petite variation : on va alterner avec des rondelles de carotte — pour une version peut-être encore plus jolie, qui sait ?



Cru, en tout cas, c'est joli :



Cuit, c'est pas mal non plus :



Hum, allez, soyons honnête : pas si spectaculaire que cela, en fait. La cuisson ruine le bel orange de la carotte.




Voici enfin l'essai qui m'a convaincue. Je l'ai fait avant-hier : samedi 21 juillet 2007.

Il était 14 h 30, j'avais déjeuné depuis longtemps. Une envie de test me titillait... mais, régime oblige : non non et non !

Camille qui s'était levée à midi (pire paresseuse que sa mère) me dit alors cette phrase magique : "Maman, j'ai la dalle.
— Qu'à cela ne tienne ma chère petite, lui ai-je répondu. Je vais te préparer une petite spécialité, tu me diras très honnêtement ce que tu en penses !
— D'ac, surtout si c'est des frites !"

J'ai pris quatre petites pommes de terre et je les ai entaillées verticalement pour enlever des morceaux :



Puis coupées en rondelles :



Enfilage traditionnel...
(Ah au fait, n'oubliez pas de lubrifier la brochette : moi je les passe rapidement à l'huile d'olive, sinon la pomme de terre colle au bâton, ce qui entrave légèrement les plaisirs de la dégustation.)



On en a trois ici (la quatrième est en retard, j'ai trop envie de les prendre en photo) :



Voici le résultat :



J'ai fait frire aussi le produit des découpes verticales : cela donne un petit tas de frites, qui représente, à nouveau, autant de moins à consommer sur les brochettes.

Pas question de les manger moi-même, je suis au régime tout de même ! Je les ai jetées aux moineaux, j'adore les moineaux... (curieusement, un autre volatile, qui m'a semblé être grande et grasse comme une dinde de Noël, s'est emparé de ces chutes avant que mes pauvres petits protégés n'aient pu lever une plume... Sniff...).



C'est appétissant, en tout cas :



Décidément oui, c'est vraiment plus joli avec ces découpes (qui ne prennent que très peu de temps à faire) : incomparable avec la version non découpée, qui est plus monotone.



Camille est hyper gourmande. Son avis compte énormément pour moi, surtout en matière de frites.



Je dépose
son assiette devant mon moineau affamé :



La quatrième brochette a un peu trop doré, je prenais les photos pendant ce temps-là.
(Allez, tant pis, ça fera travailler les petites dents !)




Mais j'en oublie de vous parler de l'essentiel, moi !

Revenons quelques secondes plus tôt. A l'étape cruciale pour l'évaluation nutritionnelle de ces brochettes : le pesage !

Eh bien, mes enfants... apprenez que c'est une victoire totale !

2 brochettes = 30 grammes !

4 brochettes = seulement 70 grammes !!!
Soit au moins quatre fois moins qu'une portion de frites au restau !




J'ai vécu un moment d'enchantement. C'est quand même génial d'avoir trouvé le moyen de gaver mon enfant de frites à raison de 70 g seulement. Cela m'ouvre des horizons infinis de gavage raisonnable et maîtrisé. De plaisir sous contrôle... sans aucune impression de contrôle.

Je demande à Camille si c'est bon.
"Oh super bon, c'était absolument génial, super croustillant, délicieux !" me répond-elle.

Soupir de satisfaction de la mère nourricière, de la mère astucieuse et avertie qui a enfin réconcilié l'irréconciliable : l'envie et la modération.

"Désormais, dans cette maison, ce sera gourmandise absolue, gloutonnerie zéro", ai-je résolu en lui enlevant son assiette vide.





Camille m'a alors tuée en plein vol, d'une phrase impitoyable : "Hé ho maman, y en a encore, j'espère ?"




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