Un truc pour embellir vos légumes farcis
C'est un truc que j'ai vu à la télévision : encore un truc d'Eric Léautey. Je l'ai vu sur Cuisine TV il y a déjà assez longtemps et cela m'a titillée plusieurs mois jusqu'à ce que j'essaie. Le résultat est assez intéressant pour que je vous montre ce que ça a donné.
Je fais très peu de légumes farcis, et c'est un tort parce que je ne connais pas plus pratique pour recycler des restes, équilibrer un menu et organiser un repas de façon à rester assise à table tout du long sans se relever pour aller à la cuisine toutes les trois minutes.
En plus, c'est vraiment extrêmement bon. Et moins difficile à faire manger aux enfants que des légumes bruts. Donc j'en ferai davantage à l'avenir.
J'ai souvent fantasmé sur ces courgettes rondes sans en acheter :

J'ai fini par oser.
Oser est le bon terme : ce produit m'intimidait, en fait. Trop joli ou trop inhabituel pour moi, je ne sais pas.

J'ai coupé le haut pour faire un chapeau, et évidé l'intérieur avec une cuiller. Bon, jusque-là, vraiment rien d'intimidant à vrai dire.

Puis, ayant récupéré les parties fermes de la chair, je les ai coupées en petits morceaux et cuites doucement à la poêle :

"Farce de petits restes" assez classique : restes de rôti hachés au mixeur et liés par un petit oignon haché et fondu à la poêle, un peu de béchamel, ail, sel et poivre.

J'ai réuni le tout au terme de cuissons séparées.
Courgettes évidées, cuites quelques minutes à l'eau salée (en mettant un poids dessus sinon elles surnagent) et égouttées. Un peu de gruyère râpé au fond pour amadouer Camille et l'inciter à manger sa courgette jusqu'au bout.

On cuit de la même façon les chapeaux à l'eau. Ceux-là sont flous mais je vous les montre quand même car l'astuce d'Eric Léautey met directement en scène le chapeau :

L'intention est de cuire et servir les courgettes avec leur chapeau, bien sûr.
Mais pour que ce soit beau, avant d'enfourner nos légumes, Eric Léautey nous conseille de retourner le chapeau et de le poser tête en bas sur la farce. Ainsi, il ne se fripe pas et reste bien rebondi et luisant.

Je fais les deux options, à l'envers et à l'endroit, pour pouvoir comparer :

Un minuscule filet d'huile d'olive sur le dessus et au four (thermostat 7, environ 30 à 40 mn) :

C'est cuit et j'ai remis tous les chapeaux à l'endroit :

Comparaison...
Sans que je puisse réellement dire quels chapeaux je trouve nettement plus beaux que les autres, il est clair que l'attache de la courgette est spectaculairement différente d'un légume à l'autre. Beaucoup plus grande et nette sur ceux qui ont cuit contre la farce, très rétractée sur les autres :

Jacques a préféré la version étalée ("enfin, regarde donc, c'est beaucoup plus beau !") et approuvé le "truc Léautey".
J'ai dit "ah bon, moi aussi finalement" (j'aurais tout aussi bien abondé dans son sens s'il avait préféré la version rétractée).
Camille a dit "moi aussi !" et je me suis exclamée : "Ben tiens, quand je vous le disais que c'était mieux !"

Pas hyper photogénique, mais c'était si bon ! Vraiment, on s'est régalés.

Le vert de la courgette est quand même plus beau que le beigeasse de la farce, mais le mariage des deux est gustativement parfait :
Si vous avez encore dix secondes devant vous, restez donc encore un peu !... Car c'est maintenant qu'on passe aux choses sérieuses.
Avec la tomate, le truc Léautey est proprement ébouriffant.

Même procédure :

Cette fois, ce sera une farce à base d'agneau, oignon, tomate et ail, et cette fois sans béchamel ni fromage.

Pendant que ça mijote doucement, je sale légèrement les cavités et laisse s'égoutter les tomates renversées :

La farce est hachée au couteau, les tomates remplies, et voici notre petit chapeau :

Les petites pâtes, dans le fond du plat, sont un reste des "farfalline" qui accompagnaient la fricassée d'agneau de la veille (dont le reste compose lui-même la base de la farce) : on recycle ferme !
Là encore, la présence des farfalline a pour objet d'amadouer Camille.

J'en couvre trois à l'endroit, deux à l'envers :

45 minutes dans le four et je ressors mon plat :

Alors là, pardon, mais attention les yeux !!!
Voici la tomate habituelle, un peu fripée et fatiguée :

Et voici sa concurrente, insolemment fraîche et pimpante au bout du même temps de cuisson :

Magnifique, non ?
(Non ???...)
Si, si, si, certes !...
Ah mais ça y est, j'ai trouvé ce qui me chiffonne !...
Ce qui m'empêche de pousser un alleluia extasié qui rendrait justice à ce très bon truc, c'est que les tomates de ma grand-mère, elles, venaient du potager et étaient cuites "à la traditionnelle", dans un vieux plat en ferraille et dans un four à gaz exubérant. Quand elles arrivaient sur la table, elles étaient toutes racornies et un peu brunies sur les côtés, elles avaient l'air d'avoir 125 ans. Elles étaient délicieuses et brûlantes... Toute la tablée faisait "Ach ach ! Aaah délicieux, grand-mère ! Aaachhh, ché chaud !..."
Mais bon allez, même si elle n'a pas le charme de la madeleine de Proust, restons justes envers sa beauté objective et rendons hommage à cette Miss Monde des tomates — en même temps qu'aux trucs d'Eric Léautey :

Bon app' !
(Et n'oubliez pas le petit "accompagnement féculent" pour les enfants qui ne raffolent pas des légumes, ça aide bien à apprivoiser les rétifs... ;-)).
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Par Caroline
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| 06/12/2006 11:55
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43 commentaires
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par jojo, le Mercredi 6 Décembre 2006, 13:40
J'ai une affection toute particulière pour les chapeaux de tomates farcies brûlés, donc je garde ce truc pour les courgettes!Répondre à ce commentaire














Commentaires
1 - Il fallait y penser !par Marion, le Mercredi 6 Décembre 2006, 13:06 Répondre à ce commentaire