Décoration anti-diététique pour tournedos de boeuf
Ici, je vous préviens : il vaudrait mieux que les végétariens et les diététiciens passent leur chemin... ou il va y avoir du malaise dans l'air, je le crains.
Pour tous les autres, voici :

Mignon, non ?
C'est de la barde (oh zut, désolée, j'ai oublié un bout de ficelle sur le dessus).
Vous n'imaginez pas le nombre de tests que j'ai faits à base de barde grillée, j'en raffole. Je mange cela bien salé sur un beau morceau de boeuf, avec éventuellement de la mayonnaise, du ketchup et des frites.
A ce train-là, je ne suis plus ce qu'on pourrait appeler véritablement mince, mais ça pourrait être bien pire que maintenant (je vais tout faire pour que ça ne le devienne pas).
Avant d'entamer un régime, cette fois vraiment pour de bon (juré !!!), j'ai eu envie d'un dernier plaisir. C'était hier, mercredi, je déjeunais avec Jacques et Camille.
Ils n'aiment pas la graisse animale rôtie, ils sont bizarres. Tant pis pour eux, j'ai quand même agi selon mes goûts.
J'avais acheté 4 tournedos de filet de boeuf, j'ai enlevé toutes les bardes et les ficelles :

Voici un autre objet qui me sera nécessaire : une mini-cocotte en fonte (Jamie Oliver fait la même chose dans une émission que j'ai vue depuis — je pense que bien qu'oubliée, c'est cette émission qui m'a inspiré l'idée).
Diamètre de la mini-cocotte : 8 cm.
Poids sans le couvercle : 450 g, mine de rien !
Car le problème du lard, c'est qu'à la poêle, il se racornit, se tortille et s'enroule. C'est pourquoi je me propose de le faire cuire au four, bien aplati sous un poids, en vue de récolter une jolie galette de lard grillé au lieu d'un tortillon incontrôlé.

Je vais me servir de cette cocotte comme poids pour maintenir la barde bien horizontale à la cuisson.
Pas folle (voire illuminée d'un éclair de génie) : marre de la vaisselle, j'emballe ma cocotte dans du papier d'aluminium.
Pile et face :

J'ai auparavant mesuré le diamètre qui assurera la couverture intégrale du tournedos : il correspond à peu près au diamètre de la cocotte :

J'ai en tête une décoration en rond, joliment grillée et posée sur le tournedos (au lieu d'être bêtement réchauffée autour sans être cuite ni bonne à manger) :

J'étale trois tranches dans un sens, et trois dans l'autre, perpendiculairement. J'ai envie d'une couche épaisse, ou plus exactement bien grillée mais néanmoins pas trop désépaissie par le grillage (opération qui fait généralement s'échapper tout le gras) :

J'essaie de couper un beau rond avec le cercle (il a des bords assez affûtés) :
Ouh là là, malheur, ça glisse ! Les bardes pivotent, mais ça ne coupe rien.
Je renonce. Je les dépose directement sur du papier d'aluminium étalé sur une plaque :

Je lisse les bardes et je pose la cocotte dessus :

Je vais faire un autre essai, je ne sais pas encore lequel.
On va couper des spaghetti, on verra bien ce qu'on peut en faire :

Miam ! Ça "m'appète" déjà !

Tiens, si on tissait, pourquoi pas ?

Oh ça me plaît bien, ça, on va continuer...

Je vais faire une tapisserie d'Aubusson avec des bouts de lard, le résultat devrait être assez super en texture :

J'ai coupé les bouts pour récupérer des fils pour mon tissage.
Puis je me mets à tisser méthodiquement :

Un brin sur deux relevé avec la pointe de mon couteau. Facile et vraiment rapide !

Puis on rabat les brins.
Puis on recommence avec les autres brins en alternant les rangs :


Ça prend tournure.
C'est fini.
Il me reste 4 petits brins, j'en fais un entourage :

Avouez : vous vous pourléchez déjà les babines, n'est-ce pas ? ;-)

On dira ce qu'on voudra, c'est tout de même assez joli, même si on a l'oeil réticent du végétarien :

Je n'ai plus qu'à poser mes cocottes sur mes deux compositions :

Ah zut, je ne suis pas prévoyante, il faut que je transbahute ma tapisserie sur la plaque, je n'ai malheureusement pas pensé à la faire directement sur le papier d'aluminium pour que ce soit tout prêt à enfourner.
Allez hop. Une pelle et... 1, 2, 3... décollage, envol, atterrissage. Ma foi, moins difficile que prévu !

(Cela se tient plutôt bien, en fait. Vive la tapisserie décidément : rien de plus résistant...)
Bon, cette fois, je pose mes cocottes :

C'est parfait, ça dépasse un peu de tous les côtés, je n'aurai plus qu'à égaliser après la cuisson.
(NB : en fait, ce ne sera même pas nécessaire, car les petits bouts qui dépassent fondent davantage que le reste et réduisent en donnant un agréable croustillant.)

En attendant que Jacques et Camille soient sur le point d'arriver, j'entrepose les tournedos légèrement assaisonnés dans le four, avec mes tapisseries.
Four éteint, bien sûr.
Mon four fait office de garde-manger : il me permet de garder les choses à température ambiante mais à l'abri des mouches.


Ah, voilà, ils arrivent dans 15 mn ! Je règle mon four à 200 °C :

J'ai retiré les tournedos mais laissé mes bardes tissées. Elles ont donc démarré à froid.
15 mn plus tard, le four chauffe à plein régime et je regarde où ça en est :

Un peu difficile à décoller (enfin, plus délicat que difficile, n'exagérons rien), et voici :

L'autre a un comportement plus erratique, il se tortille et se convulse quand on le libère de son poids :

Je réenfourne, et au bout de 22 mn au total :




Entre-temps, mes convives sont arrivés et la viande a été passée à la poêle 1 mn 30 de chaque côté. Elle a reposé ensuite pendant 3 mn. Puis, les frites étant prêtes et la barde aussi, on s'est mis à table.

Mes deux aimables convives ont fait des grimaces en voyant le produit de mes travaux, pourtant tout chaud, doré et délicatement salé :

Qu'importe, j'ai disposé mon Aubusson sur mon steak et j'ai admiré :

Triomphante, j'ai dit à Jacques : "Franchement, si tu oublies que tu n'aimes pas le gras, que vois-tu ?"
(Je lui ai montré l'autre version aussi :)

Et j'ai redit, encore plus triomphante : "Alors, que vois-tu ?"
(... une oeuvre d'art, un rayon d'or, une étoffe précieuse ?...)

Il m'a répondu : "Pfff, tu parles, ce que je vois c'est que tu vas mourir."
Arghh !... Oui, sans doute, je néglige un peu trop l'aspect santé en me bourrant de ces gras délices (juste pour aujourd'hui bien sûr, puisque je serai sage demain ! ;-)).
Je lui ai donc promis d'arrêter ces cochonneries — temporairement en tout cas.
Deux heures plus tard, totalement repue mais décidée à faire la vaisselle, j'échoue à proximité de l'évier et mes yeux me sortent littéralement de la tête :

Mmmm... c'est mignon ! On en mangerait, non ?

Oh la vache ! C'est complètement durci et tout est englué dans le gras solidifié.
Plus grand-chose à voir avec la friandise croustillante, luisante et dorée de tout à l'heure...

Ben quoi, où est le problème ? (aïe...)

Allez, cette fois, là, c'est sérieux : demain, je me mets aux légumes. J'ai d'ailleurs un truc assez super à vous montrer à ce propos.
(... Enfin, seulement après-demain hélas, demain il faut que je travaille.)
A bientôt et régalez-vous bien d'ici là !
(Quoi ??? Qui a osé dire que cet article était encore plus cauchemardesquement long que d'habitude ? Qu'il vienne un peu ici, que je l'étripe ! ;-))
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Par Caroline
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| 30/11/2006 15:55
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37 commentaires
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par Anne Cé, le Jeudi 30 Novembre 2006, 16:39
nous ne sommes pas encore en décembre, mais nous ne bouderons pas notre plaisir de découvrir ce premier test !Répondre à ce commentaire
je suis très admirative devant ton courage (ton inconscience ?) à manger cette petite bombe à retardement ! je reconnais que c'est visuellement très très réussi. tu ne voudrais pas refaire la même tapisserie avec de l'oignon confit ?










Commentaires
1 - PREM'Spar Pen Prad, le Jeudi 30 Novembre 2006, 16:38 Répondre à ce commentaire