Que diable font ces oiseaux dans le ciel alors que je les verrais si bien dans mon four ?
Ce matin, il m'est venu de bien mauvaises pensées.
J'étais en train de réfléchir assidûment (de rêvasser) à des trucs en regardant les nuages passer à une vitesse très molle.
Soudain, un énorme nuage de petits engins volants a mis une animation sidérante dans le ciel.

J'ai cru halluciner. Irruption de la rase campagne en plein Paris !
A peine le temps d'éternuer, un gigantesque essaim de volatiles s'est déployé au-dessus de l'hôpital Saint-Vincent de Paul.
Combien y en a-t-il ???
Oh mon Dieu, mon Dieu, bien trop pour ma casserole !

Mon grand-père était un grand chasseur. Moi pas.
A défaut de fusil, j'ai pensé "filet".
Oui j'avoue, et je sais que c'est mal : j'ai rêvé d'un filet géant pour attraper toutes ces adorables bestioles.
Mmm... les attraper et les mettre à rôtir dans mon four.
Et, en attendant que le rôtissage soit à point, mon rêve serait de sentir déjà les parfums d'une petite sauce au vin qui mijoterait à feu doux dans ma casserole en cuivre...

Ça fait du bruit. Un joli bruit de milliers d'ailes. (Slurp, des ailes bien croustillantes dans leur petit jus... trop tentant, non ?)
Je me demande ce que c'est, comme oiseaux. Des passereaux sans doute ou un truc comme ça. Des sortes de grosses cailles, quoi. Oh malheur, j'en salive.
A défaut de pouvoir les manger, je m'en nourris du regard.
J'observe leur parcours, les revoilà qui filent vers la droite, toujours groupées, rapides comme l'éclair :

Incroyablement synchronisées. (J'en parle au féminin parce que ça m'évoque mieux les cailles. Oui je sais, c'est mal – pauvres petites cailles.)
Et hop, les voilà toutes installées sur le toit. En moins d'une demi-seconde.
(Si vous cliquez sur la photo, vous verrez qu'elles sont bien rangées, et c'est ça qui me tue : comment chacune d'elles trouve sa place parmi le troupeau en un quart de seconde, alors que nous les humains on n'arrive même pas à respecter les rythmes rapides quand on chante à la messe, et que ça prend trois heures à une file de bagnoles de repartir quand le feu passe du rouge au vert ?)

Silence. Plus une aile ne bouge.
Je retiens ma respiration, c'est fascinant.

Et re-hop ! Sans crier gare ni avoir émis aucun signal humainement perceptible, elles redécollent ensemble en une fraction d'instant. Toujours dans un mouvement parfaitement coordonné, harmonieux.
Oh mes chéries, vous êtes réellement remarquables : je vous aime.
Au point de renoncer à mes rêves de filet géant, tenez.
Ce sera un gros sacrifice pour moi mais j'ai bien l'impression que je prends peu à peu le chemin du végétarisme.
"Adieu veau, vache, cochon...", a dit le poète quand le pot-au-lait s'est brisé.
Aïe, aurai-je le courage de vous le dire bientôt de mon propre chef ? De vous dire adieu veau adoré, ô joli veau d'or, adieu tendre vache braisée, adieu petits cochons laqués ?... et adieu aussi à vous, mes exquises couvées rôties dans leur jus parfumé ?... (ah je me fais du mal, là ! ;-))
Allons allons, pas de quoi pleurnicher parce que je vais devenir végétarienne ! Tout en ruminant les herbes qui composeront désormais mes repas quotidiens, je me régalerai de ce merveilleux spectacle... lequel vaut lui-même, il est vrai, le plus beau des festins, non ?
————
[EDIT] C'est l'heure du goûter et de la faim qui revient au galop. Du coup, j'ai du mal à croire aussi fort que ça à ma dernière phrase. ;-)
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Par Caroline
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| 05/12/2007 11:55
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par Maé, le Mercredi 5 Décembre 2007, 12:42
Entre deux oiseaux, j'ai cru reconnaître la région lilloise, est-ce le cas ?Répondre à ce commentaire










Commentaires
1 -par Cindy, le Mercredi 5 Décembre 2007, 12:32 Répondre à ce commentaire