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Quand vous dites bonjour à quelqu'un qu'il est d'usage d'embrasser (quelqu'un de votre famille, des amis, une personne qui vous plaît irrésistiblement ou encore, plus délicat, une personne encore inconnue mais appelée à faire bientôt partie d'une des catégories précitées…), combien de fois le faites-vous
.?

Question qui a l'air assez déconnectée de la cuisine, c'est vrai je l'admets.

Mais en réalité, il y a bien un lien
.: car je suis en train de regarder avec accablement Cuisine TV. Accablement parce que, plutôt que de glander avachie sur un canapé, j'aurais besoin de m'éclater, de faire des trucs hyper physiques, comme creuser des trous, tailler de la pierre à pyramide, monter à cheval, me battre avec un sumo… Je suis en état de pré-implosion, par ennui et pression excessive du travail en retard.

Le programme en ce moment : Kylie Kwong. Enfin, c'est le nom du chef (de sexe féminin) qui anime cette émission. Émission relativement ennuyeuse à mon goût mais que je regarde avec plaisir car Kylie a de jolies mains et qu'elle fait de jolis plats asiatiques.
Je ne me rappelle pas le titre de l'émission. Vous auriez peut-être aimé que je vous le dise. Pffff… Je pourrais me lever pour aller cliquer sur la touche "info" de ma télécommande mais ça me paraît être une action d'éclat bien extraordinaire pour le surcroît de précision que cela nous apporterait.


Revenons donc au sujet.

Dans l'émission, Kylie retrouve à la terrasse d'un petit restaurant une amie qu'elle aime tendrement. Alors elle se lève, étreint doucement son amie contre sa poitrine, d'un air affectueusement pénétré.

Pas de bisous, pas de fioritures
.: ça se fait en une fois, c'est une douce étreinte qui a le mérite d'être sincère, d'avoir un début, un développement somme toute de durée raisonnable (une seconde) et une fin simple et prévisible.

Je n'aime pas l'obligation d'embrasser, surtout quand je ne sais pas si ça va être deux, trois, dix ou douze fois. Ça m'angoisse, ça me paraît un geste passablement ridicule, répétitif et artificiel.

Quand j'avais entre douze et vingt ans d'âge (mmm... comme le rhum), j'ai demandé à mes parents avec autant de régularité que de conviction : "Allez, s'il vous plaît, est-ce qu'on pourrait se dispenser de ce geste ridicule, est-ce qu'on ne pourrait pas faire ça à l'américaine, décontract'
.: style ‘hello vous deux, z'allez bien.?’ et basta.?"

Imaginez-vous qu'ils me l'ont toujours refusé. Ca-té-go-ri-que-ment. "Chérie, un enfant se doit d'embrasser ses parents, on ne va pas remettre ça en cause voyons, sinon où va-t-on
.?"

Je les ai donc embrassés un million de fois. J'espère que ça leur a plu, au moins.

Mais aujourd'hui, la chère Kylie m'a montré exactement ce qui me plaît. Exactement ce qu'on fait naturellement avec des gens qu'on aime. Par exemple, moi j'empoigne Jacques et je l'étreins exactement comme ça, quand j'en ressens le besoin.
J'adore aussi l'embrasser sur les joues mais là c'est pour rire, ou pour le sentir encore mieux.
Enfin, je me laisse aller à l'envie de l'instant
.: ce n'est pas une parade programmée, quoi.

Mais même si ce n'est pas Jacques, j'aimerais qu'on s'embrasse comme ça habituellement
.: une étreinte toute simple. On est présent à l'autre, on ne se pose pas de question sur le nombre de baisers à décerner (moi c'est deux, mais je suis attentive à ne pas priver mon embrasseur[se] d'un ou deux bisous en sus, ce qui afflige la rencontre d'une certaine anxiété), bref on sent l'autre vraiment mieux.

Et si, en plus, la personne que vous prenez tendrement contre votre poitrine est une personne du sexe opposé qui vous plaît au plus haut point, ouh… croyez-moi, c'est mieux qu'un mécanique "tic-tac" ou "tic-tac-tic" ou "tic-tac-tic-tac", que je trouve personnellement un peu éteignoir.

Qu'est-ce que vous en pensez, vous
.?  

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