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8 jours de régime tout-cru : mon bilan

Par Caroline • Vendredi 20/06/2008 • Version imprimable

tomate coeur-de-boeuf coupée en tranches pour carpaccio

Thèmes cliquables : - - - - -


Cela fait une semaine que je me nourris de cru.

Les deux premiers jours ont été une révolution pour moi : vraiment intense. Les deux suivants, ceux des coups de canif dans le contrat — frites et lasagnes, aïe ! Enfin, les trois derniers jours ont été des jours de synthèse, de sérénité.

Elle n'est pas encore finie, cette synthèse, mais elle est déjà extrêmement positive. Suffisamment pour que je sois tout à fait résolue à prolonger l'expérience.

J'avais préparé mon affaire à l'avance : ayant prévu d'attaquer mon "régime 100 % cru" vendredi dernier, j'ai réorienté mon alimentation dès le mardi précédent. Une transition de trois jours me semblait utile pour éviter les potentiels inconforts intestinaux du régime tout-cru (pour mémoire, selon les articles que j'avais consultés : risques annoncés de flatulences, colites, selles molles, bref, douleurs ou inconforts possibles pendant une période de transition "pouvant aller jusqu'à quelques mois" — c'est-à-dire le temps nécessaire à la résorption d'un éventuel déséquilibre organique installé depuis longtemps).

Ma transition : trois jours de poisson cru, chou, avocat, riz à la japonaise, avant d'attaquer le vrai tout-cru.






Contexte alimentaire de départ : le snacking permanent
("Dès que j'ai envie, je me sers !")

Mon style de vie est totalement axé sur la liberté. Cela n'exclut ni le travail intense ni certaines obligations, mais réellement, mon tout premier principe de vie c'est : "où je veux quand je veux", et surtout en matière d'alimentation.
Je n'en avais pas vraiment conscience auparavant, mais depuis longtemps je ne me laissais plus l'occasion d'éprouver la faim. Dès l'apparition d'une simple envie de manger, je consommais des choses toutes prêtes : pain, beurre, fromage, crackers et tarama, restes du dîner de la veille, la plupart du temps savoureux et appétissants, vite réchauffés, vite engloutis. Pas étonnant dans ces conditions que je n'aie pas faim le soir en me mettant à table en famille ou au-dehors ! Ayant mangé toute la journée, le soir un petit apéritif me suffisait amplement, je ne dînais pas ou très peu.

Une vraie révolution : j'ai retrouvé le désir (la faim)
Une faim agressive, urgente, motivante. Pas cette habituelle petite envie de bouffer qu'on étouffe (et stimule en même temps) avec une poignée de biscuits apéritif ou de cacahuètes, avec un morceau de fromage, avec un petit reste de ceci ou cela qui nous traîne sous le nez.
Dès le vendredi, j'ai ressenti la vraie faim, celle qui vous dévore les entrailles, qui vous obsède, que vous devez absolument apaiser toutes affaires cessantes. J'avais oublié cela depuis des années.

Avec le régime tout-cru, vous devez manger bon, sinon vous craquez. Or, si vous voulez manger bon, il faut compter un temps de préparation, durant lequel la faim vous tenaille : un carpaccio, ça se découpe, ça se présente, ça s'assaisonne, etc., ce n'est assurément pas aussi instantané que de sortir des chips d'un paquet !
Et lorsque vous avez terminé votre repas cru, au bout de trois heures, parfois moins, vous êtes à nouveau saisi par la faim.

Facile ou difficile ?
Les deux premiers jours ont été haletants, je dirais. Avec cette faim permanente, je me sentais en ébullition, et je devais sans arrêt faire la guerre au cuit, qui finalement est partout ("oups, eh non, ces belles crevettes roses ou ce rôti froid avec de la mayo, pas possible !"). J'ai vite restauré la distinction entre froid et cru, que j'avais culturellement gommée.

Guerre donc, mais une guerre bien plus marrante que celle d'un régime hypocalorique : au lieu de compter, de se limiter et de se punir, je me sentais sans cesse incitée à sublimer, à inventer la façon de me faire plaisir avec du cru. 
- Le plus difficile : pas de pizza, pas de pain, pas de biscuits ! Les deux premiers jours, par moments, j'étais ravagée de frustration.

- Mais en contrepartie, je ressentais une liberté totale, une absence de frein qu'on ne connaît pas lorsqu'on s'impose un régime. Mon plan, c'était : je ne compte pas, je ne me prive de rien, je veux savoir si c'est possible de se régaler en toute liberté dans un cadre donné. Manger cru, pour moi, n'était certainement pas se nourrir d'aliments maigres. Je me suis donné droit sans limitation à la mayo, à l'avocat, à l'huile d'olive, à tout ce que je voulais pourvu que ce soit cru. Et ça, mentalement, ça change tout : il y a des frustrations, mais une énergique joie de vivre liée à l'abondance et à la liberté.

Découvertes
- Il faut faire des courses plus souvent, de meilleures courses (qualitativement), et surtout elles sont plus volumineuses. On mange de plus grosses quantités. Alors que vous vous rassasiiez avec un demi-paquet de Tuc, vous devez à présent rapporter à la maison et préparer une grosse tomate, une mangue, un melon, une salade, etc.
- La nature de votre élimination change effectivement. Pour moi, contrairement à toute attente, aucune élimination solide pendant les deux premiers jours. Je mangeais davantage et pourtant... pas de popo ! (Je suis là pour vous donner des informations, mes enfants, pas du glamour.)

Qu'ai-je mangé ?
La meilleure base de repas, pour moi, à la fois rassasiante et satisfaisante : le carpaccio. Tous les carpaccios, tomate, boeuf, mangue, du carpaccio de tout ce qu'on veut, bien assaisonné et mangé tranquillement.

- Tomate (coeur-de-boeuf) :



... avec de gros cornichons émincés à la mandoline et un assaisonnement de sel + poivre + huile d'olive + citron. Un vrai, un pur régal.



- Viande de boeuf :



De délicieux petits paquets. Je raffole de ça : une lamelle de champignon, sel, poivre, jus de citron, huile d'olive, câpres, on emballe et miam ! Pas très élégant mais plein de générosité.



- Mangue (vraiment pas super cet assaisonnement au basilic, je vous le déconseille ! Mais le principe du carpaccio m'a définitivement séduite pour les fruits, surtout avec une coupe ultra nette à la mandoline — plus agréable que la vulgaire découpe au couteau, épaisse et un peu de traviole, que je vous montre ci-dessous) :



Outre les carpaccios, mes meilleurs alliés anti-faim : la salade, les fruits et les amandes toutes simples, ni salées ni grillées.





Manger quand on a très faim, c'est un bonheur que j'avais complètement oublié. Le goût est beaucoup plus fort, on le ressent beaucoup plus puissamment.
Après des années de consommation instantanée et souvent distraite, j'ai retrouvé le plaisir féroce d'un carpaccio de tomates parfumées, et redécouvert le bonheur de manger des fruits sucrés (mangue, orange, banane, melon, je n'ai pas eu le temps d'essayer autre chose). Je ne m'y attendais pas du tout, mais mes papilles ont carrément vibré. Oui, vibré ! Avec du cru !

"Quoi de plus ennuyeusement banal qu'un melon et du jambon de Parme ?" pensais-je encore il y a peu. Vraiment le genre de truc que je n'ai même pas l'idée de manger.
Eh bien, ce melon émincé, très frais et accompagné d'un fin jambon cru, a été une de mes plus grandes jouissances gustatives de cette semaine :





Bonheur des assaisonnements aussi :






Effets étonnants sur mon humeur, semble-t-il. Apaisants.
Je suis souvent colérique et impatiente. Or toute cette semaine, j'ai ressenti un plus grand calme, une meilleure concentration, j'ai montré davantage de patience à mon entourage, et de façon générale j'ai noté une meilleure régulation de mes émotions, indiscutablement. Observation que j'aurais envie de rapprocher des études anglo-saxonnes qui, ces dernières années, ont révélé les effets amplificateurs d'une alimentation grasse et sucrée de type industriel (chips, hamburgers, bonbons, nuggets, crèmes glacées et sodas) sur l'hyperactivité des enfants et sur leur incapacité à s'autodiscipliner. Se pourrait-il qu'il en soit de même à l'âge adulte ? Ma foi c'est probable, en tout cas je suis plus que disposée à prolonger l'expérience pour le vérifier.

Mes écarts
- Dimanche : frites. Ça a commencé par deux ou trois frites chipées entre les deux bains de friture pour voir si la précuisson était bonne, puis par huit ou dix avant d'apporter les frites à table, puis, en fin de compte, par une bonne et belle assiette de frites paisiblement assumée (ma fille n'avait pas faim, j'ai pris sa part et je m'en suis régalée). Le soir, je n'avais pas faim, je n'ai quasiment rien mangé.
- Lundi soir : pain et tarama, et surtout lasagnes, aïe !
- Mercredi soir : gigot froid (cuit) et chou-fleur également cuit avec de la mayo.
- Jeudi au déjeuner : un peu de gigot froid et chou-fleur mayo en plus d'une assiette de cru.

Et le poids alors ?... On maigrit ou pas ?
Résultat net, si je compare vendredi ce matin à vendredi dernier : j'ai perdu 800 g (allons, disons que je suis à moins 1 kg, vu que ce matin je me suis pesée après une grande tasse de café).
Evolution journalière sur la semaine : – 600 g, – 400 g, – 400 g, +.600 g (les lasagnes), + 200 g, inchangé, – 200 g = – 800 g.
Avoir perdu un kilo, sachant que j'ai mangé largement sans aucune restriction (y compris mayo et oléagineux autant que j'en ai eu envie) et que je ne suis absolument pas coutumière des grammes perdus, pour moi c'est un bilan extrêmement significatif et positif. Mon expérience personnelle m'amène ainsi à considérer que manger cru est un facteur d'amincissement.

Bilan gastro-intestinal
- Elimination : des différences observables mais plutôt positives. Paradoxalement, réduction quantitative alors qu'augmentation des volumes de nourriture absorbés.
- Douleurs ou gêne ? Néant. Néant total : aucun dysfonctionnement, aucune douleur, aucune aigreur d'estomac ou brûlure oesophagienne. (NB. J'ai oublié de le préciser mais j'avais des craintes réelles sur ce point, car mon organisme est particulièrement sensible du début à la fin du trajet digestif.)

Développements à venir
Je vais continuer à m'axer sur les modes de préparation. Là, il y a des possibilités infinies pour ne pas s'ennuyer et sublimer ses produits préférés. Les ustensiles servent : mandoline, couteau et cuiller parisienne n'ont pas chômé chez moi cette semaine !



"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse..." Ah, vous trouvez, vraiment ? Là-dessus, je ne suis pas d'accord. Parfois, le contenant contribue à faire atteindre l'ivresse ! La variété des présentations, les petits couverts, c'est très stimulant pour l'imagination.

Il me faudra encore des semaines pour explorer toutes les possibilités, je n'ai pas eu le temps de faire des tas de choses que j'avais pensé essayer.
Mais j'ai déjà aimé, hier, cette assiette marrante à cuillères incorporées amovibles, que j'ai achetée mercredi pour la minuscule somme de 6,50 € chez Samie, un dépôt de porcelaines (affolant, allez-y si vous pouvez !) de l'avenue du général Leclerc, près d'Alésia, à Paris :
 


35 € de PV ont amoindri la bonne affaire, mais cette assiette m'a permis de me préparer hier ce petit assortiment, mignonnement présenté, pour voir ce que ça pouvait donner (j'ai pris n'importe quoi : melon, jambon de Parme, banane en dés, carottes, amandes, avocat et oeufs de truite, gigot froid mayonnaise, chou-fleur cuit froid et encore mayo) :



Bon, je sais, la carotte pré-assaisonnée du commerce n'était pas intéressante, et il y a beaucoup trop de saveurs différentes là-dedans. Ça ne va pas du tout ensemble.
Mais là où vous pourriez voir une entorse à mon régime cru, je vous invite plutôt à discerner un début de conversion à un mix 70.% cru, 30 % cuit. Avec mayo et avocat tant que je veux, youpi !

Cette bouchée était particulièrement bonne :




...et toute crue !

Conclusion : je continue, je continue absolument les repas crus.
En les panachant avec mes frites du dimanche et tous les plaisirs vraiment agréables. Mais pas avec des chips bêtement consommées en en-cas à toute heure du jour.

Un panachage un peu volontariste me semble être la meilleure solution. Alterner un jour cru et un jour mixte ? Manger aux deux tiers
cru au cours d'une même journée ?
Pour moi en tout cas, la conclusion de cette expérience est très claire : j'ai reçu la preuve que manger plus cru améliore mon état à tous points de vue (je me sens plus inventive, plus exigeante, plus vivante, et en bien meilleure santé). A prolonger à volonté et autant que possible...


PS. C'était archi long aujourd'hui, sorry ! Mais ça le vaut bien, je vous le promets.

—————
Article initialement publié sur le site de la Fureur des Vivres (le 20 juin 2008). S'y reporter directement pour lire les commentaires originaux.

Si vous voulez lire le début de mon régime tout-cru, c'est ici :
A l'assaut du cru !... Voici mon plan de bataille pour 8 jours de régime tout-cru


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Commentaires

Re: par Caroline le Mardi 03/11/2015 à 16:06

C'est marrant, j'y repensais ces temps-ci à manger tout cru, en me disant que je ferais bien d'y retourner !

(Dommage que le site où je l'ai publié à l'origine ait été fermé, il y avait des commentaires hyper intéressants mais hélas j'ai un peu tout oublié...)

Bonne chance en tout cas, Édouard !



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