Thème cliquable : -


On s'émancipe peu à peu de son éducation en déconstruisant le modèle imposé pour reconstruire son propre système de valeurs.

Le processus de déconstruction est forcément jalonné de faits marquants, qui font sauter les verrous posés par l'Autorité. L'un de ces faits, pour moi, a été le film de Mel Brooks : Le shérif est en prison. C'est une parodie de western.

On m'a emmenée le voir
quand j'ai commencé à aller au cinéma sans mes parents. Mon premier amour d'adolescente : "Viens ma belle, que je t'emmène voir un classique..." ("Ma foi, si c'est avec toi, d'accord !")

Ecran géant dans l'obscurité de la salle de cinéma : une bande de cow-boys s'attroupe autour d'un feu de camp.
Chaque cow-boy avale le contenu d'une gamelle de fayots, et au moment où je m'attendais à voir sortir les harmonicas pour un épisode de musique country à la gloire du Far West, voilà que retentit un énorme pet. Deux pets lui répondent immédiatement, puis trois et quatre, puis huit et dix, et s'ensuit alors un concert de pets absolument stupéfiant autour du feu, qui me laisse sidérée sur mon fauteuil. Incrédule.
Un peu gênée quand même à cause de mon tout nouveau (tout beau) petit copain assis à côté de moi. Mais je crois que là, la gêne ajoutait encore au plaisir.

A l'époque, c'était un gros choc culturel pour moi
.: même devant ses frères et soeurs, même devant les plus proches de ses proches, on ne pétait pas. Ça ne se faisait pas, on aurait trop perdu la face. "Péter et me faire hara kiri, ou bien me retenir jusqu'à l'implosion", ç'aurait pu être ma devise à l'époque.

L'énorme question est
.: "Sommes-nous tous égaux devant la poussée gazeuse.?"
Ça me gêne de mettre ça dans "Culino-philosophie" mais tant pis, faisons comme ça.

L'alimentation, notamment, est-elle déterminante en termes de quantité et qualité de production de pets.?

Les scientifiques disent que les pets des vaches d'élevage trouent la couche d'ozone. Mais ils ne savent pas qu'en une seule semaine de pets au Maroc j'ai fait plus de dégâts dans la couche d'ozone qu'un troupeau de vaches normandes.

C'était un m
agnifique octobre marocain, doux et plein de soleil... Beauté, volupté et douceur de vivre. Sauf qu'au bout de deux jours de tagines, crudités et "gris de Boulaouane" à tous les repas, je priais tous les saints pour qu'on me mette un cadenas au cul. Ce sont des phénomènes qui dépassent ce qu'on peut concevoir, j'en ai des douleurs rien que d'y repenser. En fait, c'est l'ami avec qui j'étais qui m'a fait mesurer l'étendue des dégâts.: le troisième soir, alors que nous prenions un verre dans un immense salon d'hôtel marocain, je me suis sentie au bord de l'évanouissement (trop mal au ventre à force de serrer les gaz). N'y tenant plus, j'ai déverrouillé légèrement la sortie. La violence du choc olfactif qui m'a frappée au bout de deux secondes m'a fait stopper net. Mais en ces deux malheureuses petites secondes, les choses étaient allées loin et ça avait frappé fort.
Le visage de mon ami s'est soudainement décomposé
.: "Hein, mais tu sens... çaaaaaa ?"
A vos yeux il ne s'agit peut-être que de mon pet, mais pour moi c'était quelque chose que mon corps venait d'offrir au monde. Quand un présent est accueilli comme ça, croyez-moi ça vous refroidit un tout petit peu.
Son expression était si horrifiée que j'ai dit
.:
— Tiens c'est curieux je ne sens rien... ça doit être dans ton nez.
Lui, les yeux hors de la tête, halluciné :
— Hein
.???? Dans mon nez.? Put... mais il y a un énorme rat crevé quelque part, c'est pas possible autrement.!
Son air de dégoût
.!... J'ai rougi, car j'ai trouvé offensant qu'il parle ainsi de l'enfant de mes intestins tout de même. Mais surtout, un moment j'ai eu carrément peur qu'on ne se rende compte que c'était moi le gros rat et qu'on ne me fasse expulser de l'hôtel.

Car ça arrive, vous savez
.! Je me rappelle un témoignage à la télévision, dans une émission consacrée aux pathologies du côlon.: une femme se plaignait qu'elle et son mari étaient forcés de vivre confinés à la maison.
— Oh mon Dieu mais pourquoi donc
.? demande l'animatrice de l'émission.
— Parce que quand nous allons au restaurant, nous... enfin que voulez-vous, nous proutons. Voilà, nous proutons, proutons, proutons sans trêve, nous ne pouvons nous en empêcher, tant et si bien que les autres dîneurs finissent par exiger notre départ, répond
en substance la dame.
Sur le moment, j'ai cru que c'était un gag (deux péteurs en série sous le même toit, enfin, c'est impensable
.!) mais en fait non, cette pauvre femme était sincèrement désespérée de l'isolement social où elle vivait avec son mari. Je ne sais pas vous, mais si Jacques et moi on se mettait subitement à péter comme des dératés au point de ne plus pouvoir sortir en ville, il me semble que plutôt que de téléphoner à la télévision pour demander des avis, je commencerais par faire analyser la maison, les canalisations et la bouffe du frigo.

Maman prétend que les végétariens pètent pestilentiel. Qu'en penser ? Il est vrai que la diversification alimentaire vers les végétaux change énormément le fumet qui se dégage des couches des bébés si je me souviens bien : tant qu'on les nourrit au lait, ça sent presque le biscuit, mais cela cesse hélas d'être le cas dès les premières cuillerées de compote et de soupe.
Pour les adultes, je n'en sais rien. Mais j'ai lu quelque part que les végétariens pètent beaucoup plus que tous les autres, alors c'est peut-être la quantité qui y fait, et puis je fais confiance à ma maman jusqu'à preuve du contraire.

Cela dit, j'aurais tendance à dénoncer plutôt l'alimentation majoritairement carnée. Je repense à un autre ami, à qui il est arrivé une chose vraiment moche, directement liée à l'alimentation "viande et croquettes".
Xavier R. avait vingt-deux ans, il était mignon, pas bête, en pleine gloire et invité pour la première fois en week-end chez une amie présentant le même profil. Week-end plutôt chic. Tablée du dimanche, conversation stimulante entre seize personnes assises bien droit.
Nonchalant, un magnifique chien de chasse vient s'affaler derrière le siège de Xavier, espérant sans doute glaner un morceau de viande ou autre faveur.
Xavier parle avec le maître de maison des derniers problèmes d'aménagement du territoire. Tout le monde écoute, prompt à critiquer ou à manier l'encensoir.
Le chien largue en silence une énorme caisse.
(Le pet d'un chien de 40 kg, c'est un séisme odoriférant, je le précise pour ceux qui l'ignorent.)
Tout en parlant, en fait d'effluves magiques d'encensoir, Xavier sent la chose en premier et perd complètement les pédales. Tout le monde le regarde
.: pas de chance, c'est arrivé au moment où il avait des choses intéressantes à dire. Le malheureux rougit comme la plaque halogène de ma cuisinière électrique, son visage est un volcan en éruption.
Les convives se taisent brusquement en voyant son état. Puis tout le monde se transforme en statue, dans un second temps, en détectant la terrifiante odeur de pourriture intestinale.
Sentant sa fin très proche, le pauvre Xavier tente de trouver au plus vite une échappatoire pleine d'esprit pour démontrer la culpabilité du chien. Mais le temps lui manquera : car voilà que la maîtresse de maison, croyant venir à son secours, détourne précipitamment la conversation.
La mise au point n'a jamais pu être faite, de sorte que dans l'esprit des quinze convives de ce dimanche, Xavier est et restera pour sa vie entière un affreux pétomane.

J'ai passé peu de nuits en amoureux, j'aime être seule, c'est plus fort que moi. Mes nuits en amoureux se comptent sur les doigts d'une main et je me souviens de toutes. Elles étaient toutes inoubliablement réussies.

Voulez-vous un ingrédient essentiel pour une nuit d'amour réussie
.?



En fait, j'ai appris depuis lors que le fenouil était largement reconnu pour ses vertus digestives.

Mais avant d'en manger du cru (j'en mange souvent du cuit), j'avais toujours pensé que ces vertus concernaient l'estomac, pas la totalité du "système", intestin compris.

J'avais tort
.!



J'ai eu il y a longtemps une nuit amoureuse redoutée, car surinvestie à l'avance.

L'estomac tordu. Rien mangé de la journée.

Juste croqué du fenouil cru. Juste parce que j'en avais là et que j'étais nerveuse, mais vraiment sans aucune intention particulière.



Cette nuit est un des plus beaux souvenirs de ma vie.

L'intestin n'y est pas pour beaucoup, certes. C'est mon coeur qui flageole rien que d'y repenser.


J'ai remarqué cela dit que mon estomac et tout mon système digestif étaient comme absents de moi cette nuit-là. Totalement endormis. Ce n'est pas qu'ils soient hyper présents d'habitude, mais il y a des circonstances où l'on apprécie que tout encourage notre intimité, voire
nos audaces. Où l'on veut connaître le bonheur d'un endormissement extatique et abandonné, parfaitement amoureux...

J'ai eu la chance de connaître cela ! Je vous le souhaite à l'identique, aussi parfait que ce que j'ai connu.

J'avais plein de trucs scientifiques à vous dire sur le sujet.! Ah zut... Bon, j'y reviendrai une autre fois, là je me suis laissé emporter. ;-)

Il reste beaucoup à dire. J'ai lu des tas de choses très intéressantes sur le pet, je vous en reparlerai car cela justifierait un livre entier.


Retour à la page d'accueil




Articles portant sur des thèmes similaires :

Répondre à cet article