Faire un fromage à la maison : journal de bord
• J + 1 : premier problème, première solution
Puisque j'ai été contrainte de recycler en fromage le yaourt maison complètement raté d'avant-hier, autant voir ce que ça donne jour après jour. Aucune idée de la technique pour faire un fromage, mais j'ai reçu des conseils, notamment de s2mars et d'Imeda.
Il y a une demi-heure, j'ai retourné mon fromage selon les conseils de s2mars (il faut le retourner tous les jours).
Un quart d'heure plus tard, je repasse dans la cuisine. Choc ! Mon fromage s'est fendu en deux.
Problème de forme ? Je ne sais pas.
Je vais essayer de le represser mais c'est dégoûtant, la matière est archi collante.
Je me demande combien de jours ça va prendre avant que ce soit un vrai fromage.

Si vous avez des conseils à me donner, ils seront les bienvenus ! :-)
Solution que j'ai appliquée dans l'immédiat : prendre un morceau de gaze, emballer le fromage, pétrir et represser, retourner en veillant à faire une forme bien plate (je suppose que la fissure est venue du fait que le fromage était bombé sur le dessus, de sorte qu'il ne reposait plus bien à plat sur l'assiette quand je l'ai retourné).
(Je mets les photos en petit mais vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir.)

J'ai laissé la gaze pour l'instant. Je ne sais pas quand il faut l'enlever : elle permet au fromage de se tenir mais je suppose qu'elle gêne au bout d'un moment. Question à voir !
• J + 2 : rien à signaler d'extraordinaire
J'ai retourné le fromage : la planche était très humide en dessous, je sais que j'aurais dû l'essuyer avant de reposer le fromage sur l'autre face mais j'ai eu la flemme. A ce train-là, ça va mettre un moment à sécher à mon avis.
Estérelle m'a expliqué hier que ce fromage, ne contenant pas de présure, ne deviendrait jamais un "vrai" fromage.
Snifff...
Après avoir hésité un instant à le recycler tout de suite en çökelek ou en farce à feuilletés (suggestions de Sarah), j'ai décidé d'aller au bout du processus indiqué par s2mars pour voir ce qui se passe.
Donc on va laisser sécher tranquillement, en retournant tous les jours... jusqu'à ce que ça ait l'air prêt.
• J + 3 : horreur, une mouche sur le fromage !
J'ai encore retourné le fromage : cette fois, la planche était juste un peu humide en dessous. Bien.!
Mais cet après-midi, j'ai vu une horrible petite mouche se poser dessus. J'ai fait des grands gestes pour qu'elle s'en aille mais elle revenait, alors je lui ai couru après comme une dingue en faisant des moulinets avec mes bras sous le regard charmé de mes voisins.
A titre de sécurité, j'ai posé une passoire en cloche sur mon fromage.
Je me demande si c'était bon signe, la mouche. Jusqu'alors, je n'avais vu aucune mouche tourner autour de ce fromage. Se pourrait-il qu'il commence déjà à sentir "bon".? Il a encore l'aspect d'un fromage frais, à voir comme ça. Mais je ne suis pas une mouche, je ne peux pas vraiment juger...
Je n'ai toujours pas enlevé la gaze, il faudrait peut-être que j'y pense un de ces jours.
• J + 4 : Hum... Allez, vite au bain !
Hier donc, j'avais recouvert le fromage d'une passoire pour éviter les mouches. Une passoire en plastique, qui laisse passer assez peu d'air. Cela m'ennuyait car je me doutais bien qu'il faut que le fromage respire abondamment, mais hélas les passoires à grille en métal qui auraient été idéales ne se posent pas à plat, il y a un crochet ou un truc qui gêne, et les mouches auraient pu se faufiler en dessous.
Bref, ce matin, je soulève la passoire et je découvre... ça :

Affreux, non.? Ca ne me paraît pas très normal cette éruption subite.: pas vraiment la moisissure "d'affinage" que l'on serait en droit d'espérer, plutôt du moisi de dégradation, j'ai l'impression. Enfin, je ne sais pas, mais si vous regardez les photos en grand, je pense que vous risquez d'être aussi dégoûté(e) que moi par ces petites taches jaunes et grises.
Autre info.: l'odeur a changé. Il commence à puer.!
Un authentique "parfum" de roquefort, je vous promets. Avec ce côté douteux du petit relent de fromage frais qui perce encore sous l'odeur de roquefort. Pas très franc du collier tout ça...
Ni une ni deux, il va avoir droit à un petit lavage d'urgence. À l'alcool, tant qu'on y est.: ça va le désinfecter.
On déshabille monsieur et on jette son vêtement sale.:

Pour le bain, j'ai mis 1.cuiller à soupe de marc de Bourgogne et un tout petit peu d'eau.: environ deux tiers un tiers, pour les proportions. Tout ça au pif, seule l'urgence me guide.!

Je verse un filet dans ma main, je frotte le fromage. Les taches se cramponnent un peu mais je frotte et je reverse du marc et je frotte encore.
Résultat.:

Je le mets à sécher sur du papier absorbant, je le retourne. Et voilà.:
Il pue encore ! Mais il est plus joli.
Je ne remets pas la passoire. J'essaierai de trafiquer une cloche à fromage avec de la gaze si les mouches reviennent.
• J + 5 : bof bof...
Il y a une petite fissure sur le côté. En soi, ce n'est pas forcément grave mais en regardant dedans, j'ai l'impression que c'est moisi à l'intérieur. L'odeur a un peu changé depuis hier : un peu plus aigre. J'hésite à le relaver... Bon, disons que pour l'instant je lui fiche la paix, mais je vais le surveiller dans les heures qui viennent.

• J + 6 : début de croûte ?...
Depuis hier, ça a bougé ! En bien ou en mal, ça c'est difficile à dire... Je ne sais pas ce que je dois viser (genre St-Nectaire avec une grosse croûte ou Munster ou rien de tout cela ?). Il faut que je cherche un peu d'info sur le rôle de la présure, pour deviner a contrario ce que je peux espérer comme fromage sans avoir mis de présure.
Dessus / Dessous (arffff ! c'est spécial...)

L'odeur est plus subtile aujourd'hui sur le dessus (qui s'est un peu desséché) mais ça sent franchement le moisi de sous-bois en dessous, le champignon décomposé (photo de droite).
Je ne sais pas combien de temps je dois attendre encore : 2 jours ? 15 jours ?... 3 mois ?...
Et j'hésite vraiment à le relaver ou non...
Je l'ai montré à Jacques tout à l'heure pour avoir son opinion. Il l'a reniflé et a empoigné son couteau, j'ai eu à peine le temps de stopper son bras assassin : "Y a qu'à le goûter !", "Ah ça pas question !, "Mais si !", "Non !"... "Si !" "Nan ! "Si-nan-si-nan-si !"... Finalement j'ai gagné : mon fromage vivra, ouf.
Jacques s'est consolé de sa frustration avec un excellent fromage du commerce, je pense qu'il n'a pas perdu au change.
On n'a plus qu'à espérer que s2mars vienne refaire un petit tour par ici et nous donne son avis... :-)
• J + 7 : dernier jour à mon avis...
Les conseils de s2mars, ajoutés à l'esthétique discutable de mon fromage aujourd'hui – et ne parlons pas de la nette odeur de moisissure –, me conduisent à programmer une séance de dégustation ce soir avec Jacques.
Au point où nous en sommes, je n'ose plus vraiment espérer que cette chose sera savoureuse, je prie surtout pour qu'elle ne soit pas toxique.
Si mon état digestif le permet, compte-rendu ce soir ou demain matin !

• Épilogue

Il n'avait pas tourné, en fait ! On l'a goûté ensemble et ce n'était pas aigre.
Jacques a trouvé ça "pas atroce du tout", mais à vrai dire je crois que c'est parce qu'il n'avait pas d'attente, il n'investissait rien d'important dans ce fromage.
Alors que moi, au fond j'espérais tout de même une petite révolution culinaire : prouver qu'on pouvait faire un délicieux camembert en 7 jours chrono et avec juste 1 litre de lait et 1 yaourt ! Fini la présure, fini la cave à la bonne température, l'affinage interminable, etc. etc. Je voyais déjà ma statue remplacer l'Arc de Triomphe, des fleurs et des fromages déposés à mes pieds par des ménagères en dévotion. Ca s'appelle tirer des plans sur la comète, ça, snifff... ;-)
Voici ce qu'on peut en dire, en fin de compte :
– La pâte avait un aspect plutôt sympathique de fromage mi-sec, avec un grain fin et une belle couleur fraîche.
– En fait, il avait un goût de vieux fromage blanc. Pas horriblement désagréable mais pas plus excitant que ça. Il n'avait absolument pas, en tout cas, ce truc très particulier qui distingue un fromage de tous les autres laitages.
– Sa consistance, très ferme et très agglomérée sans être dure, avait quelque chose d'angoissant, de collant et étouffant. Jacques n'a pas trouvé pour sa part, mais je le soupçonne de ne pas avoir le gosier aussi délicat que moi. J'ai péniblement dégluti en avalant ma bouchée, Jacques a dévoré la sienne, et je confesse que nous nous sommes ensuite séparés définitivement de notre sous-produit de fromage révolutionnaire. Je l'ai déposé dans la poubelle sans trop de remords, avec même quelque chose comme un sentiment de libération à l'idée de récupérer enfin l'usage de ma petite planche à découper.
Je suis convaincue que c'était non seulement mon premier mais aussi mon dernier essai en matière de fromage. Je ne songe pas pouvoir approcher un jour le niveau de qualité de ceux que j'achète, donc je trouve que ça fait beaucoup d'efforts pour pas grand-chose. Alors que le foie gras maison, par exemple, cela vaut vraiment le coup : ça demande un peu de soin mais pour un résultat très supérieur aux foies gras du commerce.
J'attends impatiemment, à présent, les photos des prochains fromages de s2mars !
(J'admire ton courage, tu n'imagines pas ! ;-))
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Par Miam/Caroline
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| 21/01/2005 11:01
| Lu 51137 fois
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par Requia, le Mercredi 26 Janvier 2005, 07:44
A J+? ( j'ai perdu le compte de jour) il en est ou le fromage ? Allez raconte ! ;-)Répondre à ce commentaire





Mais bon, il y a autre chose... comme les noix de coco! 





Commentaires
1 - tu nous à fait un roman photo??par s2mars, le Mercredi 26 Janvier 2005, 00:26 Répondre à ce commentaire