Questionnaire des 4
J'ai vu par hasard qu'Hélène m'adressait il y a quelque temps ce questionnaire.
(Ça devait être en 1927 à peu près, mais je ne suis tombée dessus que très récemment.)
D'habitude je ne réponds pas aux questionnaires mais là j'ai tellement de boulot en retard que je suis déprimée. En plus, j'aime particulièrement le blog d'Hélène, alors merci Hélène, je m'amuse à répondre.!
• 4 jobs que j’ai eus :
(Ça commence bien, moi qui n'ai jamais aimé travailler.!)
- Pompier-sauveteur. A 10 ans, en tant que bénévole, j'ai flanqué une grosse torgnole à mon petit frère et ma petite soeur qui avaient mis le feu à la salle de bains. J'ai réussi à éteindre le feu en inondant toute la salle de bains avec la douche, ça a senti le cramé pendant trois jours dans l'immeuble, mais je suis étonnée a posteriori d'avoir absolument tenu à leur foutre la torgnole avant d'éteindre l'incendie, ça me semble contestable comme sens des priorités.
- Voleuse repentie. J'avais 16 ans, et j'avais malencontreusement dérobé trois pantalons en velours dans un grand magasin, un bleu, un rose, un beige, j'ai été hélas surprise par un vigile, emmenée dans un couloir jusqu'à un affreux petit bureau sombre où j'ai subi les réprimandes des responsables du magasin, puis, après une attente éprouvante, transportée par les flics dans un panier à salade excessivement crasseux (si je puis me permettre ce petit reproche)... Ensuite j'ai dû faire une déposition à un préposé de la police qui tapait très lentement à la machine (si je puis me permettre cette dernière minuscule critique). Après cet enchaînement d'humiliations, mon père, venu me chercher au commissariat aussi affectueusement que s'il était venu récupérer une hémorroïde, m'a froidement forcée à faire un stage dans une agence de sa boîte en juillet, pour lui rembourser le dédommagement qu'il avait versé au magasin (et je n'ai même pas eu les pantalons.! Ça, franchement, je n'ai toujours pas digéré). Pendant ce stage, j'ai beaucoup rendu service et surtout j'ai découvert le syndicalisme, les conditions de travail des gens, j'ai été insultée par un employé, j'ai pleuré, j'ai appris, et finalement beaucoup progressé dans la vie. En plus, le mec qui m'expliquait tout (je crois me souvenir que c'était le sous-directeur de l'agence) sentait bon à mourir. Je pense que c'est très exactement ce qu'on appelle un parfum bon marché, mais ça me mettait la tête à l'envers. Même aujourd'hui, quand je sens ce parfum dans la rue ou n'importe où, je vibre.
- Femme de ménage. Maman n'avait plus personne pour cela à une époque alors elle m'a proposé de me payer pour nettoyer tout l'appart (un grand bordel). J'étais terriblement à court de fric donc j'ai dit oui. Comme je faisais les choses avec nervosité, motivation et rapidité, en moins de 3 h j'avais tout aspiré, épousseté, retapé alors qu'une femme de ménage normale y mettait la journée entière. Maman a rechigné à me payer au résultat, elle a persisté à vouloir me payer au temps, ce qui fait que j'ai décidé d'arrêter définitivement le ménage. Je pense qu'elle y a perdu et que j'y ai gagné (en dignité en tout cas !... Le patronat ne m'aura pas, na ! ;-)).
- Pas d'autre emploi, me semble-t-il, hormis mon présent emploi.
Ah si ! Stagiaire dans des boîtes, si si, ça aussi ! Café et photocopies à gogo, évidemment...
Mes stages préférés : chez Gallimard car même si les photocopieuses étaient en sous-sol et sans cesse en panne, le jardin était magnifique, on m'a fait cadeau de tonnes d'excellents livres, et surtout le mieux : j'étais amoureuse du photographe de la maison (et aussi d'Alain Duhamel, d'Alain Finkielkraut et d'autres auteurs qui passaient de temps en temps, bon je n'avais pas forcément un goût très sûr à l'époque mais les sentiments forment la jeunesse encore mieux que les voyages, vous ne trouvez pas ?).
Hommage à Retz aussi où j'ai "stagé" car c'était une sacrée boîte où les gens bossaient du feu de Dieu, j'ai tout appris en un temps incroyablement court et j'ai vu là-bas des éditeurs avec un grand "E" — et j'étais amoureuse aussi, bien entendu, d'un auteur-conseiller éditorial qui écrivait sur le bien-être et la zénitude et qui était invraisemblablement bourru, bon sang quand j'y repense... plus craquant que ça, tu meurs ;-)
Mise à jour colérique du 10/02/07 : quelques semaines après ce questionnaire, j'avais découvert par hasard dans l'émission de Catherine Barry que celui que j'aimais tant chez Retz était devenu président de l'Union bouddhiste de France ; et voilà que j'apprends il y a deux jours que, précisément à ce titre, il vient de virer Catherine Barry de l'émission dominicale de France 2 "Voix bouddhistes". Je suis déçue, j'aimais bien Catherine Barry, poupée Barbie improbable et exquise dans ce bouddhisme qu'elle aime vraiment et qu'elle incitait à aimer. Voilà, grrrrr, je n'aime définitivement plus celui qui est devenu président de l'Union bouddhiste de France. (Ma zénitude ? Elle repassera ! ;-))
• 4 films que je ne me lasse pas de revoir :
En fait, tous les antidotes aux grands-grands films poignants qui m'ont véritablement marquée ("Johnny s'en va-t-en guerre" ou "Elephant man", que je préfère ne pas revoir).
Ce qui fait qu'à part "Point Break"... (film de mes années erratiques que j'aime revoir surtout quand j'ai trop bu), j'aime tous les classiques populaires : les Bronzés, la Grande Vadrouille, Oscar, le Corniaud, le Canard à l'orange, l'Aile ou la Cuisse, les Tontons flingueurs, etc.
Avec le recul, je sais pourquoi : leur construction est remarquable. Par exemple, prenez "l'Aile ou la Cuisse"... Quand je le revois d'un oeil froid, j'admire l'escalade dans le dramatique : après la scène du cirque où il découvre la vraie nature de son fils (un clown et non pas un critique gastronomique comme il le souhaitait), Louis de Funès, déjà ultra secoué psychologiquement (et physiquement à cause du seau de savon qu'il a reçu dans la figure en prime), se retrouve dans les dix minutes qui suivent sous la menace d'une arme, pris en otage par les restaurateurs qui le bourrent d'huîtres périmées et de bouffe dégueulasse en l'insultant et en le provoquant. Tout ça est inhumain.: ruine morale et ruine physique, puis re-ruine physique et re-ruine morale, la seconde série d'affronts encore pire que la première... et pourtant ça trouve le moyen d'être absolument drôle. Peut-être parce que c'est sublimement joué, remarquez. (Avec un autre acteur que Louis de Funès, ça n'aurait peut-être pas aussi bien marché.?)
Mais carrément bien construit, quand même...
• 4 endroits où j’ai habité :
Toulouse, Valenciennes, Troyes dans l'Aube (je ne sais vraiment pas pourquoi on précise "dans l'Aube", mais je remarque qu'on le fait tous, spontanément. Alors que personne ne sait où se trouve l'Aube donc je me demande pourquoi on se donne cette peine).
Et Nantes aussi.: très jolies années à part l'épisode du vol des pantalons (vive la province, n'empêche.! C'est bien mieux que Paris pour les adolescents).
• 4 émissions télé que j’aime :
- "Cauchemar en cuisine" (pour le plaisir de voir Gordon Ramsay),
- "C'est au programme" (émission de la matinée sur France.2.: les sujets y sont à peine effleurés mais ce sont de bons sujets, et surtout c'est l'émission typiquement regardée par la ménagère de tout âge, je suis très fière d'avoir réussi à grapiller cette gratification de ménagère tout en ayant un plein statut de salariée),
- "Capital", même si l'absence d'Emmanuel Chain me paraît parfois criante,
- tous les documentaires.
• 4 endroits où j’ai passé des vacances :
- De beaux souvenirs, mais bof, les vacances ne sont pas un sujet qui me passionne tant que ça.
• 4 websites que je visite régulièrement :
- amazon, car j'ai horreur de perdre mon temps à la Fnac à chercher des trucs dans la bousculade, je consulte les pages Amazon comme une enragée (j'aimerais qu'il y ait plus d'infos sur les bouquins, il y a vraiment un créneau inexploité dans la présentation détaillée des livres),
- chronoresto.com (quand je n'ai rien préparé et que j'ai envie de sushis... ou d'une pizza dont on nous annonce fièrement : "Les Parents l'adore les enfants l'éxiges" (sic)),
- bnpparibas.com comme Hélène... (pas vraiment pour placer, plutôt pour voir les dégâts et emprunter en conséquence... et puis c'est chez eux que j'ai fait mon stage des pantalons, alors bon, hein ;-)),
- yahoo cinéma pour voir ce qui passe au Gaumont Parnasse, c'est mon cinéma préféré, à cause du velours rouge comme dans un théâtre et des chiottes super propres. Et, stupéfaction.: des ouvreurs/ouvreuses qui refusent les pourboires sur ordre de leur direction. Je me demande si c'est partout pareil dans les cinémas Gaumont. (?)
• 4 aliments ou plats que je préfère :
- les oeufs, surtout le jaune évidemment mais le blanc aussi,
- les viandes grillées, avec beaucoup de gras si possible et pas mal de sel,
- le pain frais,
- sinon, pfff... exactement comme dans l'émission de Jacques Martin.: les frites, les pâtes, le beurre, la purée et le jambon... (+ mayo si possible). Je sais, ça fait plus de.4 au total, mais si vous mélangez un peu il n'y paraît plus.!
• 4 endroits où je préférerais être, là maintenant.:
- dans mon lit à 4.h du mat avec un bon bouquin ("Thérapie" de David Lodge par exemple, que je viens de commencer et qui me fait rire la moitié de la nuit, de ce petit rire rentré et extasié qu'on n'arrive pas à extérioriser tellement on trouve l'écriture jouissive et intelligente),
- à Rungis ! C'est hallucinant, je n'y suis allée qu'une fois mais je rêve d'y retourner, j'aurais aimé avoir ma vie là-bas, ça explose de vie, et à Rungis il y a tout ce que j'aime dans la vie,
- dans la mer si elle est à 26.°C et sans requins,
- dans le lit de Gordon Ramsay. Aaah oui, décidément. ;-)
• 4 bloggeuses à qui j’envoie ce questionnaire.:
Pfff... pourquoi 4 ? A celles qui voudront.!
Par Caroline
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| 09/04/2006 22:55
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15 commentaires
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par Hemipresente, le Samedi 7 Octobre 2006, 14:28
Je connaissais ton site depuis ma première recherche sur Google avec le mot clé "mandoline", alors que je cherchais en vain quelque hard discounter qui me permettrait d'offrir à mon chéri cet indispensable ustensile tranche-doigts qu'il me réclamait de ci de-là, avec cette discrète insistance et ces argumentaires passionnés qui signent chez lui le désir le plus fou et le moins négociable. Et puis, j'avoue, je t'avais perdue de vue. Me recoivi au détour d'une recherche sur les oeufs à présent. Deux fois en même pas un mois, ce n'est plus du hasard, c'est de l'empathie. Voilà, veni, vidi, delici. A tout bientôt j'espère.Répondre à ce commentaire
Marie




Commentaires
1 -par toto, le Lundi 10 Avril 2006, 19:50 Répondre à ce commentaire